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Le 07 juin 2009, date de sortie de ce premier numéro et jour de l’appel aux urnes européennes positionne 2M dans le désert électronique des magazines politiques.
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To vote or not to vote ?
Comment remotiver les Européens sur le grand projet Europe ?
Bien sûr qu’il n’attend que ça, c’est le moment ! Qu’il soit italien, portugais ou polonais, la crise financière aidant, l’Homo europeanus est désormais prêt à muter en citoyen européen; mais encore faut-il lui trouver des ressorts crédibles et les mots pour lui faire comprendre. Ce n’est en effet pas une mince affaire de remettre sur le devant de la scène l’idée de l’Europe fédérale et pourtant, il me semble que c’est le seul projet réellement porteur d’espoir.
Comme citoyen européen, il attend de manière très pragmatique que d’une manière ou d’une autre, l’Europe lui donne un cap, lui redonne l’envie de s’engager pour une grande cause d’intérêt général. Mais pas d’angélisme, il faut également qu’il y ait un intérêt personnel, car son implication politique a ses limites. Les affaires sont compliquées et il n’a pas que ça à faire. Il faut donc aussi que l’Europe protège ce à quoi il tient le plus : l’avenir de ses enfants et son portefeuille. Mais que les luttes de pouvoir cessent enfin, car c’est cette façon de faire de la politique qui désintéresse et réduit le débat.
Nos représentants doivent répondre à la question complexe : où allons-nous et pourquoi faire ? Comme on dit souvent en entreprise à l’heure de faire des choix stratégiques : à quoi ça sert ? combien ça coûte ?
Devenue si complexe au point d’en devenir incompréhensible, l’Europe est souvent pointée du doigt comme responsable de nos difficultés. Pour autant, si vous l’interrogez, l’Européen sait dire ce qu’il ne veut pas, quand il ne sait pas dire ce qu’il veut. Il conçoit clairement qu’une organisation politique représentative des peuples soit indispensable, mais il ne veut pas d’un machin onusien lourd, coûteux, inefficace. Il veut bien déléguer à des représentants la responsabilité de diriger l’entreprise Europe mais à condition qu’il y ait du résultat (et un investissement sans faille). Il a observé cette dernière décennie, quelle que soit sa sensibilité politique, qu’une présidence tournante semestrielle n’était pas le mode de fonctionnement optimal : il a donc beaucoup mûri et est prêt aujourd’hui à avancer, fort des erreurs passées et de l’urgence. Il faut donc valoriser l’expérience.
Je partage l’avis de Bernard Guetta qui disait sur France Inter récemment : « De crainte de passer pour de doux rêveurs, romantiques, utopistes, ignorant des réalités politiques, même les plus déterminés des partisans de l’unité de l’Europe n’osaient plus employer l’expression de Victor Hugo [les Etats-Unis d’Europe]. On ne peut pas, disait-on, ce serait briser net un consensus qui ne sortirait de l’ambiguïté qu’à son détriment, ce serait rompre avec la Grande-Bretagne, effaroucher les Polonais, déclarer la guerre à tous les souverainistes de tous les pays membres, susciter de nouvelles querelles bien plus violentes encore que celle du traité constitutionnel ». Et pourtant…
En remettant courageusement l’ouvrage sur le métier, et plutôt que de rester dans la tourmente politique stérile, je pense que l’Européen a de bonnes chances de s’en sortir plus responsable, grandi, renforcé et surtout espérant. Il faudra concéder des délais à cette refondation de l’Europe car il s’agit pour les citoyens de changer d’état fondamental, comme la glace se change en eau ou en vapeur. Du temps, il faut du temps, comme il faut une génération pour se libérer des séquelles d’une guerre. Mais nous serons enfin lucide débarrassé des tristes jeux de partis, face à notre avenir. L’Europe n’a pas besoin de bannières aux couleurs politiques des uns ou des autres.
D’un côté, il y aura ceux (de gauche et de droite) qui n’envisagent l’unité que limitée à la création d’un marché économique et monétaire, n’empiétant pas sur les prérogatives des Etats. Et il y aura ceux (de droite et de gauche aussi) qui imaginent la création d’un Etat politique européen avec tous ses leviers, supranational dans certains domaines. Mais in fine, chacun va devoir honnêtement reconnaître ses contradictions, remettre à plat sa vision et reprendre la marche en avant, mais cette fois avec son voisin. Je crois effectivement indispensable de s’extirper des partis politiques pour progresser politiquement.
Pour des raisons plus ou moins avouables, la rhétorique européenne est ainsi restée dans la confusion. Nous sentons pourtant tous qu’il y a quelque chose d’intéressant dans ce projet mais nous en voyons pour l’instant surtout les travers. Faute de pédagogie politique et d’envergure dans leurs objectifs, les représentants européens vont recevoir, une fois encore, la terrible claque administrée par l’abstention. Et pourtant, tout le monde veut s’en sortir !
Saint-Exupéry disait dans Le petit Prince : « Les hommes s’enfournent dans les rapides mais ils ne savant plus ce qu’ils cherchent ». Alors il faut se fixer un nouveau but. Votons donc (un seul tour) pour montrer que le projet vit encore mais, par pitié, messieurs les représentants, écoutez-vous, débarrassez-vous de vos œillères, soyez ambitieux et redonnez nous envie d’avancer ensemble. Apprenez-nous à compter la richesse globale plutôt que la richesse individuelle.
Étiquettes: Élection européenne, Etats-Unis d'Europe, Ségolène Royal
Ce message fût publié le Samedi, juin 6th, 2009 et classé sous Commentaires Actu. Vous pouvez suivre toutes les réponses à cette entrés via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou un trackbackde votre site.