Quelles sont les voies de progrès pour équilibrer la représentation politique entre élus hommes – femmes ?
La loi de janvier 2007 impose désormais une stricte alternance sur les listes et un nombre égal d’adjoints et d’adjointes. Pourtant, la tentation est forte dans la classe politique de remplacer massivement les femmes sortantes lors de la constitution des listes.
De plus, rares sont les femmes nommées tête de liste, et donc élues maires ; les villes de plus de 100 000 habitants dirigées par une femme se comptent sur les doigts de la main. Dans les villes de plus de 20 000 habitants, les listes électorales sont conduites par des hommes dans 85% des cas.
Quelles solutions ? L’observatoire de la parité préconise de :
- limiter davantage le cumul des mandats dans le temps et dans l’espace,
- moderniser le statut de l’élu pour permettre une meilleure articulation entre vie personnelle, vie professionnelle et engagement politique.
A chaque fois que les entreprises ont été en mesure d’ouvrir des crèches sur le lieu de travail, elles ont été capables d’aménager les temps d’activités au plus grand profit des femmes et des hommes.
Il y a 5 ans à peine, combien d’hommes prenaient un congé parental ? Pas ou peu. Combien de femmes hautement placées décidaient d’entamer une grossesse ? Pas ou peu.
Les choses avancent ; la route sera longue, mais les choses avancent.
La conclusion du rapport de la Commission européenne note : « les femmes sont plus nombreuses à travailler, mais il leur faudrait aussi des emplois meilleurs ».
D’un point de vue quantitatif, personne ne peut nier l’embellie. En effet, entre 2000 et 2006, l’emploi dans l’UE a cru de près de 12 millions de personnes dont plus de 7,5 millions de femmes. L’écart des taux d’emplois entre hommes et femmes est passé de 17 points à 14 dans la même période. Mais l’image est-elle fidèle au reflet ? De quoi parlons-nous ? Il semble en effet que la commission n’ait pas pris en compte les taux d’emplois en équivalent temps plein. Le tableau aurait montré que les ¾ des travailleurs à temps partiel sont des femmes.
Pourquoi ? parce que la flexibilité et la précarité les touchent davantage et parce que les infrastructures de garde de jeunes enfants sont insuffisantes. Et chez nos voisins ? force est de reconnaître qu’il n’y a pas de fatalité. Pour les pays scandinaves, vous vous en seriez douté ; mais auriez-vous dit que les pays de l’est affichent les écarts les plus faibles ? Aviez-vous vu l’Europe sous cet angle ?
En ce qui concerne les rémunérations, la commission tire la sonnette d’alarme : à temps de travail égal, les femmes gagnent encore 15% de moins que les hommes et cet écart suit une triste asymptote. Cette situation n’exprime pas tant des discriminations à fonction et ancienneté égales qu’une ségrégation horizontale et verticale ; les secteurs les plus féminisés sont aussi ceux où on gagne le moins bien sa vie.
Et pourtant, 59% des diplômés universitaires sont des femmes… Réfléchissons aux raisons profondes qui incitent les patrons à garder un staff masculin : rien d’autres que des préjugés qui ne tiennent pas face à un miroir.










