2 priorités : la crise économique et la lutte contre le réchauffement climatique.

2 priorités : la crise économique et la lutte contre le réchauffement climatique.

La Suède succède à la République tchèque à la tête de l’Union européenne.

Contre l’avis de Nicolas Sarkozy, partisan d’une direction plus affirmée, le premier ministre suédois, M. Reinfeldt, veut utiliser les six mois de la présidence tournante, qui commence le 1er juillet, pour faire avancer son point de vue. 
 

Pour commencer, le chef du gouvernement de centre-droit suédois est bien décidé à faire oublier au plus vite les mésaventures de la présidence tchèque. Prague est certes parvenu à faire progresser quelques délicats dossiers, comme les taux réduits de TVA ou la régulation financière. Mais après la chute du cabinet dirigé par Mirek Topolanek en mars, le gouvernement intérimaire a surtout expédié les affaires courantes, en partageant ses prérogatives avec Vaclav Klaus, le très eurosceptique chef de l’Etat.

Contrairement à la présidence tchèque, mais en accord avec l’approche française, la Suède entend concentrer ses efforts sur 2 priorités :

- la crise économique et
- la lutte contre le réchauffement climatique.
Tandis que le président tchèque doutait ouvertement de la stratégie climatique européenne, M. Reinfeldt veut porter haut l’ambition environnementale en vue de la conférence de Copenhague, en décembre. Il espère y convaincre les Etats-Unis et la Chine de faire plus contre le changement climatique. Un agenda qui risque d’être malmené par la crise économique et les questions institutionnelles. Le sort du traité de Lisbonne est en effet suspendu à un second référendum irlandais, début octobre, puis à la signature des présidents tchèque, et polonais.

Il existe cependant des divergences avec Paris :
1. Les élargissements
Initialement prévue le 2 juin, la visite de M. Sarkozy a été reportée, officiellement pour des raisons de calendrier, mais en réalité en raison du mécontentement de Paris après que le ministre suédois des affaires étrangères, a affirmé qu’il fallait « éviter d’arrêter les élargissements » de l’UE, ajoutant que cela valait pour la Turquie.
2. La discipline budgétaire
Au plan économique, les 27 ont, à en croire M. Reinfeldt, épuisé leur capacité de stimulation de l’économie. Ils doivent donner la priorité à la supervision et réduire les « très gros déficits » générés par la crise. Un discours qui promet de belles passes d’armes avec M. Sarkozy, lequel refuse toute politique de rigueur et promet de nouveaux investissements financés par un grand emprunt national.
3.  Le profil du futur « président stable » du Conseil européen
Dans le cadre de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, attendue début 2010, si les Irlandais ratifient le texte lors d’un second référendum qui devrait avoir lieu début octobre », poursuit Philippe Ricard, c’est plus précisément le profil (deux ans et demi renouvelables) qui posera problème.

Ainsi, s’il n’existe pas de conflit potentiel entre la Suède et la France, comme le présente pourtant volontiers la presse, il y a certainement matière à discussion et les 27 auront à cœur de s’exprimer et à négocier sur tous les thèmes. Quelles que soient les positions individuelles, tous les pays membres ont voix au chapitre ; la Suède parlera ces 6 prochains mois au nom de l’Europe, mais ce sera toujours l’ensemble des Etats Membres qui décidera.
Rien à craindre : la guerre Suède – France n’aura pas lieu. L’Europe avance.

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