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La crise ? Fallait pas s’inquiéter : juste un couac et beaucoup de pipeau.
Il y a quelque chose d’étonnant dans l’état actuel du débat sur la situation économique. Chacun admet qu’il y a crise. Le débat porte en réalité sur le fait de savoir si on a « touché le fond » et s’organise autour de la date probable d’une éventuelle reprise, à l’automne ou en 2010. Après tout, pourquoi pas ?
L’étonnant est le contenu : on nous présente des confrontations de pronostics d’experts sur les périodes, mais quasiment pas d’informations factuelles permettant de se faire une idée sur le fait de savoir si on est oui ou non en train de sortir de la crise.
Ce constat comporte quelques exceptions pour le champ de la finance et de la banque. Les faits sont patents : les banques dominantes se sont à peu près rétablies, on ne craint plus de faillite majeure dans ce secteur, la transmission de la banqueroute par contagion paraît, de l’avis général, arrêtée. La confiance interbancaire est donc en voie de rétablissement lent, ce qui est naturellement une des conditions de la reprise. Et puis, il y a quand même des professionnels à la tête de nos institutions financières.
L’accord semble lui aussi acquis sur la raison majeure de ce résultat positif. Les puissances publiques, contrairement à la crise de 1929-1932 où leur sottise cumulative avait tout aggravé, ont là agi avec rapidité, convergence intellectuelle et considérable puissance. Si le contribuable ne paiera pas tout de cet effort, c’est tout de même lui qui, dans son infinie bienveillance, a fourni la garantie et assumera finalement une part significative de la charge. Il n’est pas apparent que cette issue pose à la profession bancaire un problème éthique considérable.
L’impression de fin des tensions et de redémarrage partiel de l’activité est si claire dans ce secteur que la profession bancaire, un peu partout, a entrepris d’actives campagnes pour éviter les contrôles envisagés, et conserver la possibilité de verser à ses dirigeants et à ses traders des rémunérations extravagantes. L’étrange atmosphère de sortie de crise, entretenue conjointement par les gouvernements, les banquiers et la presse, contribue grandement à minimiser l’importance des problèmes.
Il semble qu’au total on s’oriente vers une – légère ? – mise à distance des paradis fiscaux, vers des discours symboliques sur les rémunérations, et vers le statu quo, le maintien de l’existant en ce qui concerne les produits dérivés. Si c’est finalement le cas, on aura maintenu le système en préservant aussi ses lourds facteurs d’instabilité.
Le détonateur financier pourra sauter une nouvelle fois dans quelques années. Après tout, cela fait quelque vingt ans que le monde connaît une crise financière grave à peu près tous les cinq ans… De là à essayer de réduire le volume insensé de l’activité financière par rapport à celui de la production, de là à essayer d’entraver la cupidité collective qui a fait dériver l’essentiel de cette profession vers l’immoralité, il y a un pas que l’on se garde bien de franchir. Et on recommence.
Mais il n’est pas sûr que le plus grave soit là. Les économies développées sont à peu près toutes en récession en ce moment. Plus qu’une récession, qui peut être brève, c’est la situation du chômage qui justifie l’emploi généralisé du mot crise. Or dans ce domaine, les rythmes actuels d’augmentation du chômage sont effrayants – la France s’attend à repasser au-dessus des 10 % d’ici à un an, les Etats-Unis au-dessus de 8 % soit un quasi-doublement en trois ans – et les perspectives fort inquiétantes.
Et pourtant sur ce front, celui de l’affaiblissement de la consommation, l’élément majeur est moins le chômage que la précarisation du travail. A cet égard, toutes les économies développées atteignent depuis plus d’une quinzaine d’années des pourcentages de travailleurs précaires compris entre 15 % et 20 %. Les précaires consomment aussi peu qu’ils le peuvent. Partout, la crise récente a encore aggravé leur nombre.
Mais curieusement, statisticiens officiels et gouvernements sont fort discrets sur ce point. On suit mal la variation. Chacun sait cependant qu’aujourd’hui, en Amérique du Nord, en Europe et au Japon, plus du quart de la population est soit en situation précaire, soit au chômage, soit pauvre. Un quart : 70 millions de personnes pour l’Europe, 40 à 50 pour les Etats-Unis, sans doute une trentaine pour le Japon, c’est évidemment massif pour le dynamisme de la consommation. De cette situation, personne ne parle et personne n’émet l’intention d’y porter remède. Or le fond de la crise est là. Cette analyse de Michel Rocard passe hélas à peu près inaperçue.
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Ce message fût publié le Jeudi, juillet 16th, 2009 et classé sous Commentaires Actu. Vous pouvez suivre toutes les réponses à cette entrés via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou un trackbackde votre site.