Le bilan à 8 mois du RSA est globalement positif car il offre une opportunité de rebond aux Français en difficulté.

Le bilan à 8 mois du RSA est globalement positif car il offre une opportunité de rebond aux Français en difficulté.

Promesse de campagne de Nicolas Sarkozy, le revenu de solidarité active (RSA) a été créé par la loi du 1er décembre 2008, en pleine tempête financière mondiale, exactement 20 ans après celle qui instaura le revenu minimum d’insertion (RMI). Son objet est de redonner des perspectives d’insertion professionnelle à des hommes et des femmes relégués dans le chômage de longue durée et le sous-emploi. Martin Hirsch, ex-leader d’Emmaüs France, est aujourd’hui en charge de ce dossier au haut commissariat aux solidarités actives contre la pauvreté.

Qui mieux que lui pouvait être désigné à ce poste au sein du gouvernement de François Fillon ? En qui les Français pouvaient-ils avoir le plus confiance ? L’idée initiale :

Favoriser le retour à l’emploi des allocataires de minima sociaux en leur assurant un surcroît durable de revenus dès lors qu’ils reprennent une activité (ce qui n’était pas toujours le cas avant) et améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs pauvres.

 3 institutions ont un rôle dans ce dispositif :

- le conseil général qui participe au financement et à l’accompagnement des bénéficiaires,

- la caisse d’allocations familiales qui traite les demandes et verse les prestations,

- le pôle emploi (pour mémoire, issu de la fusion ANPE et ASSEDIC) qui est chargé de la réinsertion professionnelle.

 La pression la plus importante sera supportée par le pôle emploi qui devra gérer l’explosion du nombre de demandeurs d’emploi provoquée par la crise, et l’afflux des allocataires du RSA qui n’étaient pas inscrits au chômage.

Y-a-t-il un risque de dérapage de la facture ? Selon Martin Hirsch, le coût s’élèvera à environ 9,8 milliards d’euros par an en régime de croisière (certains entrant dans le dispositif et d’autres en sortant).

 Il est souvent fait état d’effets pervers du RSA ; qu’en est-il ? En complétant le revenu des personnes qui acceptent de travailler à temps partiel, il favoriserait le développement des « petits boulots ».

 L’avis de 2M

Les premières expérimentations conduites n’avaient pas produit de résultats à la hauteur des espoirs du projet ; on le savait avant le vote de la loi. Pour autant, la mise en place du RSA a redonné de la consistance à la vie des hommes, ce qui rappelons-le, constituait aussi un des objectifs de la loi. Ce point n’est pas économiquement quantifiable mais il est pourtant à haute valeur ajouté.

Les allocataires de minima sociaux sans activité devront effectuer des démarches personnelles pour revenir sur le marché du travail. Ce type d’injonction à la responsabilité existait déjà dans le cadre du RMI. Cependant pour obtenir de vrais bons résultats dans la durée, encore faudrait-il que les opportunités d’emplois existent (mais la crise freine considérablement le rythme des progrès) et que cette population ne soit pas désabusée et sans espoir.

Dans ce dernier cas, l’approche scandinave davantage tournée vers l’accompagnement des personnes sur des perspectives de formation qualifiante pourrait être plus adaptée, mais il n’est pas dit que les deux populations soient comparables.

 Le bilan à 8 mois, alors que le monde peine à s’extirper des remous majeurs provoqués par la crise financière, est globalement positif, malgré le coût, car il offre une visibilité de fin d’exclusion, une opportunité de rebond aux Français en difficulté après une perte d’emploi. La question de savoir si la France avait les moyens de financer cette mesure, à ce moment-là, est un autre débat ! Il fallait le faire. Tout le monde sait que le RSA n’est pas le remède miracle ; il n’est rien de plus qu’une pierre au milieu du ruisseau pour passer sur l’autre rive. Nous nous mouillerons les pieds de toute façon.

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