
Le passage du papier à l'électronique (américaine) !
Ca y est, c’est fait, pour ainsi dire. Oublions le conditionnel de prudence : il fait partie de l’attirail des ballons d’essais s’agissant d’informations sensibles. Sinon le quotidien économique La Tribune ne se serait pas risqué à annoncer la nouvelle à la “une” et à la développer sur une double page : la Bibliothèque Nationale de France va confier la numérisation de son fonds à Google.
“Une partie seulement de son fonds” dit-on encore ce qui est, là encore, un euphémisme. Il aura donc fallu quatre ans pour que la Bnf passe de la résistance à la collaboration. Entre temps, elle aura également changé de président, Jean-Noël Jeanneney cédant son fauteuil à Bruno Racine. Ceci explique également cela, les deux ayant développé des attitudes opposées sur le dossier.
D’un point de vue technique, d’aucuns se réjouiront en jugeant que cette “bonne nouvelle” est un non-événement, la Bnf n’étant jamais que la 30 ème bibliothèque dans le monde à s’adresser à Google. D’autant que le service se veut “rapide et gratuit“, même si cette pseudo-gratuité n’est évidemment pas désintéressée. Le moteur de recherche numéro un dans le monde ne cache pas sa volonté de devenir le numéro un des libraires en ligne. C’est désormais une question de mois et non d’années.
Pendant ce temps, l’édition française parle encore d’opposer un front commun à cette stratégie afin de proposer une offre numérique collective. D’un côté un géant de la Toile unique et uni, de l’autre des groupes d’éditeurs français qui n’arrivent même pas à coopérer et n’entendent rien au numérique. Parler en l’espèce d’”offensive” française, ou même européenne, comme ils le font, est désormais une question purement rhétorique. Une vue de l’esprit.
L’avis de 2M
Google n’est pas un mauvais choix, d’autant plus qu’il n’y a plus d’équivalent soit Européen, soit Francophone.
En effet, quand livropolis.com a été lancé en 2005, cette start up était en contact avec la BNF et lui avait proposé un partenariat. Avoir la BNF comme partenaire lui aurait sûrement permis de se développer rapidement, et proposer une alternative “francophone et francophile” pour rassurer les éditeurs français qui à l’époque étaient plus que frileux. Une startup française qui propose une alternative respectueuse du droit d’auteur à Google ? Mais vous n’y pensez pas, votre modèle économique ne tient pas (réponse de TOUS les capitaux risqueurs à l’époque). Je vous épargne les réponses cinglantes de certains éditeurs français…
Après la montagne europeana qui a accouché d’une souris (toujours en version béta !), le mal était fait.
Mais le site existe toujours, malgré le manque de crédits pour se développer.Quoi qu’il en soit 2M se demande s’il ne faudrait pas, finalement et simplement, intégrer une taxe auteurs aux prix, de plus en plus bas, des ordinateurs, tout compte fait…










